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La Charte de Médine Featured

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Dans son allocuation lors de la célébration du Yaum-un-Nabi, le Premier ministre, Navin Ramgoolam,  a fait allusion à la Constitution de Medine. Star vous présente les points saillant de cette Charte
• Les musulmans Koraïchites et de Yathrib (Médine) et ceux qui les suivirent et luttèrent avec eux forment une seule communauté à part entière.

• Tous les musulmans indépendamment de leurs tribus ou de leurs clans partagent entre eux le prix du sang, payent la rançon des captifs selon le bon usage et l'équité.

• Les croyants ne délaissent jamais un endetté qui a la charge d'une famille; ils lui donnent des fonds destinés à payer le prix du sang ou le rachat d'un captif.

• Tous les croyants devront s’unir contre quiconque étant rebelle ou cherchant à promouvoir l’hostilité ou la sédition, quels que soient leurs liens familiaux ou tribaux.

• Aucun croyant ne doit tuer un autre croyant, ou soutenir un non croyant au détriment d’un croyant.

• La protection de Dieu est sur tous les croyants, indépendamment de leur classe ou de leur origine tribale.

• Les croyants doivent s’entraider.

• Il est défendu à un Croyant ayant consenti à ce qui est écrit dans ce texte et cru en Dieu et au Jour du Jugement de secourir un criminel ou de l’héberger. S'il le fait, il sera maudit par Dieu au jour de la résurrection, sans pitié, et l'on n'acceptera de lui ni compensation, ni indemnité.

Clauses en rapport avec les juifs
• Les juifs ne font qu’une communauté avec les croyants.

• Les juifs peuvent continuer de professer leur religion et la liberté de pratiquer leur religion est garantie.

• Tout juif qui adhère à cette charte doit avoir l’aide et l’assistance des croyants et tous les droits des croyants doivent lui être donnés.

• Chaque tribu et chaque clan juif est responsable de son prix du sang, de ses taxes de châtiment et de ses paiements de rançon.

Clauses communes à tous
• Les juifs et les arabes de Médine ont un pacte de défense mutuelle entre chaque groupe. Pour honorer ce pacte, ils doivent en payer le coût nécessaire.

• Les juifs et les arabes de Médine se conseilleront et leurs relations mutuelles doivent être fondées sur la droiture, alors que le péché est interdit.

• Aucun des juifs ou des arabes ne doit commettre de péchés portant préjudice à l’autre groupe.

• Si les juifs font du tort aux arabes ou si les arabes font du tort aux juifs, alors le parti lésé doit être aidé.

• Médine doit rester un lieu sacré et inviolé pour tous ceux qui joignent la charte, à l’exception de ceux qui ont commis une injustice ou un crime.

• Tous les participants à cette charte doivent boycotter les Koraïchites non musulmans de la Mecque.

• Tous les participants à cette charte doivent défendre Médine de toute attaque étrangère.

• Aucune clause de cette charte ne doit interdire à aucun parti de demander un châtiment légal.

• Aucun participant à cette charte ne peut déclarer une guerre sans la permission du prophète Mohamed.

Chaque fois qu’un désaccord s’élève entre deux participants à cette charte, le désaccord doit être soumis à Dieu et à Son messager pour arbitrage

Les contextes de l’accord
A Médine les deux principales tribus polythéistes, les Aws et les Khazraj, ne cessent de s’entre-déchirer depuis des générations, en se livrant dans des guerres continuelles laissant les uns et les autres exsangues. Certains de leurs seigneurs cherchent alors de sortir de ces dissidences par le haut.

Ayant eu écho d’un prophète prêchant en Arabie, ils décident de le rencontrer en cachette, et reconnaissent la sagesse extraordinaire qui émane de cet homme. Ensemble ils font allégeance à Muhammad (pssl), acceptent son autorité de prophète et de chef et l’invitent à Médine afin d’arbitrer leurs querelles, dans la mesure où elle n’implique pas la victoire d’une tribu sur l’autre, mais celle de la foi et de la religion qui a précisément pour objectif de transcender tous les principes tribaux et sectaires.

 Venir à Médine, lui qui après douze années de prêche, dans une ville hostile où il avait subi toutes les insultes, les humiliations et les violences. Lui qui avait converti à l’islam une centaine d’hommes et de femmes, parmi lesquels des esclaves et des affranchis, soumis à des pressions de plus en plus pénibles. Ils exhorte les plus faibles (sans protection tribale) à émigrer en Abyssinie ( terre chrétienne). Après la mort de son oncle et protecteur, il commence à perdre espoir de convertir les seigneur de sa ville, puisque ceux-ci même cherchent maintenant qu’il est sans protection à le tuer et combattre la nouvelle foi. Il émigre à Médine.

Yathrib est maintenant constitué de musulmans exilés(Muhajiruns), de nouveaux musulmans hôtes (Ansars), d’ arabes non convertis, de polythéistes convertis en apparence, mais aussi de trois tribus juives attendant elles aussi un prophète devant s’établir dans la ville aux palmiers selon les anciennes écritures. L’humanité représentée dans cette ville est maintenant prête à accueillir le dernier des prophètes de l’Humanité.

Le Très Haut a désigné Muhammad (pssl) comme « le sceau des prophètes », celui qui scelle, celui qui clôt le cycle de la prophétie.
Dans les premiers instants de son arrivée à Yathrib , le prophète instaure des liens  de confraternité directe entre musulmans mecquois et médinois, mais aussi il établit des clauses entre habitants connues sous le nom de charte de Médine  .

La charte de Médine, appelée également constitution de Médine a été rédigée en 622 par le Messager de Dieu, Mohammed (pssl).C’est dans une ville où  les musulmans sont encore très minoritaires, par rapport aux polythéistes et aux juifs que le prophète de Dieu promulgue la charte de Médine  Elle définit les droits et les devoirs des musulmans exilés, les musulmans de Médine et les juifs de Médine, mais aussi les autres communautés arabes de Médine.

Dans cette charte, le prophète de Dieu (pssl) instaure des liens de fraternité basée sur la foi, mais aussi de solidarité inspirant à une communauté unifiée, et ce malgré la diversités et les multitudes de divergences qui oppose les tribus et les personnes (mecquois et médinois musulmans, Juifs, hypocrites, arabes polythéistes), garantissant ainsi les libertés fondamentales de cultes et d’expression.

Elle constitue la base de la première constitution islamique,mais pas seulement ,elle est un exemple de civisme mondiale, prouvant ainsi la responsabilité et les devoirs qui incombe à nous tous.

Reaz Lauthan (activiste islamique) - « À Maurice, la justice sociale est inexistante »

Sollicité pour donner son point de vue sur la convention de Madina comme évoqué par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, lors de la célébration de Yaum-un-Nabi (SAW) dimanche dernier au collége Aleemiah à Phoenix, Reaz Lauthan affirme que la justice sociale est inexistante à Maurice.
D’emblée, cet activiste islamique situe le contexte de la rédaction de la convention de Madina par le Prophète Muhammad (SAW) en l’an 622. Notre interlocuteur rappelle que le Prophète de l’islam œuvrait principalement pour instaurer un système islamique. N’ayant pu le faire à Makkah en raison de la forte résistance du clan Qureish, Muhammad (SAW) s’est tourné vers Madina, connu autre fois comme Yathrib. « Si les Qureish contestaient fortement cette idéologie islamique, c’est parce qu’ils sentaient que ce nouveau système allait être une menace pour leur pouvoir politico-économique », a dit M. Lauthan. Le Prophète ainsi que tous ceux qui le soutenaient devaient faire face à une persécution atroce entre les mains des Qureish. La nouvelle avait vite atteint Yathrib.
« Durant la période de Hadj, le Prophète Muhammad (SAW) était à pied d’œuvre et il s’est saisi de cette occasion pour transmettre le message de l’islam. La première rencontre entre un premier groupe d’habitants de Yathrib et le Prophète eut lieu à Mina. Ils étaient au nombre de 12 pour prendre le serment d’allégeance sur les mains de Muhammad (SAW) après qu’ils aient compris le message de l’islam. Cette allégeance était d’ordre spirituel et moral. Ils s’engageaient à ne pas commettre d’adultère, de vol et de shirk, entre autres. Après cet exercice, le Prophète désigna Mus’ab Bin Umayr (RA) pour se rendre à Yathrib afin d’aider dans la propagation de l’islam. Un an après, à cette même période de pèlerinage, 75 personnes devaient prendre le serment d’allégeance sur les mains du Prophète, dont 73 hommes et deux femmes. Ce serment était plus d’ordre politique où ces 75 personnes s’engagèrent à accorder un soutien politique au Prophète Muhammad (SAW) », a dit Reaz Lauthan.

Les signataires de la convention

L’activiste islamique souligne que l’arrivée de Muhammad (SAW) à Yathrib lui donnait déjà cette dimension de leader politique venu pour instaurer un système qui mettrait fin aux tiraillements entre les différentes tribus. « D’ailleurs, dès son arrivée à Yathrib, cette ville changea de nom pour être appelée « Madina-t-un-Nabi » (Ndlr : la ville du Prophète), connue aujourd’hui comme Madina. La première chose que le Prophète a faite dès son installation à Madina, c’est d’acheter un lopin de terre pour construire un centre qui sera servi de lieu de prière, de rassemblement, de Cour de Justice, d’un lieu où seront décidées des stratégies militaires. C’est ce centre qui est connu aujourd’hui comme Masjid-E-Nabawi. Une fois ce centre établi, le Prophète rédigea alors la convention de Madina ».

Poursuivant, Reaz Lauthan souligne que cette convention couvrait trois parties distinctes, notamment les habitants de Madina (Ansars), incluant les Muhaajiroons (ceux venant de Makkah), les habitants arabes non-musulmans de Madina et les tribus juives. Les signataires de cette convention étaient : Banu ‘Auf, Banu al-Najjar, Banu al-Harith, Banu Sa’ida, Banu Jushm, Banu al-Aus et Banu Tha’labah. Banu Qurayzah, Banu al-Nadir et Banu Qaynuqa n’avaient pas signé cette convention au départ mais l’avaient volontairement fait après. Selon cette convention, tout signataire doit se protéger mutuellement, afin de jouir des mêmes droits indépendamment de leur croyance. Ils sont tous sous la protection de l’État et outre la sécurité, ils ont droit à la justice sociale. « Selon des historiens, il paraît que cette convention est la première de ce genre à être rédigée », a dit Reaz Lauthan avant d’ajouter que le contrat social est un concept nouvellement connu, alors que la convention de Madina en avait fait état depuis 1 400 ans auparavant. Pour lui, la méritocratie existait bel et bien à Madina.

Qu’en est-il pour Maurice surtout que le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a fait mention de cette convention ? Y a-t-il pertinence ? À cette question, Reaz Lauthan livre ses analyses en ces termes : « Navin Ramgoolam a fait mention de cette convention au moment où il voulait aborder la question de Best Loser System. Je me demande si les droits des minorités, par extension des musulmans, se limitent par la balance communale au niveau du parlement. Je me demande aussi si face à l’inexistence de justice sociale à Maurice, nous pouvons nous comparer ou même tenter de comparer notre situation à Madina sous le Prophète Muhammad (SAW) ? J’en doute fort. Notre système politique est accaparé par certaines cliques qui influencent des décisions tant sur le recrutement, la promotion et la nomination ».

Reaz Lauthan trouve que si ce n’est pas le lobby sectaire qui influence les décisions politiques, c’est le lobby capitaliste qui influence les décisions économiques de l’État. Il se dit convaincu qu’il est temps pour que la population réfléchisse sur le vrai sens de la justice sociale. « S’il a eu droit ou non de parler sur la convention de Madina, tel n’est pas mon souci. Je trouve plutôt qu’une telle référence a suscité un éveil de conscience chez la population qui comprendra bien vite que la justice sociale demeure un vain mot pour les dirigeants de notre pays », a-t-il enfin dit.



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