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La pauvreté à l’île Maurice

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Comment mesurer la pauvreté à Maurice ? Quel “yard stick” utilisé pour évaluer la pauvreté de telle ou telle famille mauricienne et ensuite quelles sont les mesures à entreprendre pour diminuer sa souffrance ?
Difficile à dire tant les méthodes utilisées de part et d’autre sont différentes. Les services sociaux offerts par l’État, destinés particulièrement aux familles pauvres, sont inadéquats, mais surtout mal organisés. Aux divers ministères, le problème « ou dossier pas pé trouvé » est une excuse courante pour les gens qui s’y rendent pour chercher de l’aide. Tout se fait dans un grand désordre, semble-t-il.

Désordre, il y a surtout au National Empowerment Foundation : comme l’a déclaré son nouveau président, M. Kadress Pillay dans une interview à un hebdomadaire.

« Beaucoup a été fait, mais je dois être honnête et je ne vais pas utiliser la langue de bois. On a fait des choses dans le désordre… » Ça se comprend, car là l’ex-ministre de tutelle y aurait casé des “petits copains” pour passer le temps. Et cela, au détriment des pauvres qui venaient frapper à la porte de la NEF.

LE NOMBRE ?

C’est bien le nouveau président de la NEF qui nous apprendra beaucoup de choses sur la pauvreté à Maurice :
• le nombre de familles vivant dans la misère absolue.
• le travail que fait et doit faire la NEF.
• L’apport du GSR dans le combat contre la pauvreté.
• Mauvaise perception de la pauvreté.
• Nouveau style de travail à la NEF.

Chiffrer le nombre de familles pauvres à Maurice est difficile, car très honnêtement, il faut reconnaître que, pour diverses raisons, beaucoup de nos compatriotes préfèrent cacher leur misère. Néanmoins, à partir d’un seuil établi à la NEF, on peut dire que les 12 000 familles mauriciennes qui sont situées dans une poche d’extrême pauvreté totalisent à peu près 50 000 personnes. C’est énorme pour un petit pays tel que le nôtre. La NEF pourra-t-elle s’occuper de ces personnes en leur offrant nourriture, logement, eau, électricité, facilité de scolarité pour leurs progénitures et autres services afin qu’elles mènent une vie décente ?

Un travail titanesque attend M. Kadress Pillay et son Conseil d’administration. Il en est conscient. Il accepte le défi. Il avoue une chose : le mal est profond et des solutions palliatives n’y changeront pas grand-chose. Soulager la souffrance de ce petit peuple qui souffre est un espoir que conserve M. Pillay. Cela avec l’aide des gens convaincus de la tâche, mais grandement passionnés et surtout formés.

Faire reculer la pauvreté ne doit pas ouvrir la voie à l’assistanat. Non ! Loin de là. Il faudra revaloriser l’homme, l’humain, l’aider à changer sa façon de penser que la pauvreté n’est pas une fatalité. C’est un travail d’accompagnement hardi et de longue haleine.

Dans son entretien avec le journaliste de CAPITAL, le Chairman du Conseil d’Administration fait mention de deux mots-clés : self esteem and self motivation. C’est avec amour pour les autres et surtout envers ceux qui sont dans la pauvreté que les fonctionnaires de la NEF devraient travailler. Car sans amour, aucune bataille contre la pauvreté ne pourrait avoir lieu.

Ces fonctionnaires et les autres travailleurs sociaux qui vont essayer de soulager la souffrance d’un grand nombre de nos compatriotes devront donner la pleine mesure d’eux-mêmes. C’est un travail de longue haleine où l’on doit faire preuve d’une grande générosité.

CSR

La pauvreté est bien souvent le reflet des inégalités de la société et ces inégalités sont les résultats directs d’une « lopsided distribution of power », dira M. Pillay.

Il faut changer la façon de penser, aussi bien le système de valeurs de ces pauvres gens. Un travail d’accompagnement et d’encadrement où l’on s’appuie sur l’assise centrale que sont les valeurs familiales.

Le Corporate Social Responsibility (CSR) est un bébé de Rama Sithanen. Mal conçu, mal libellé donc mal compris. La suite avec des corrections ça et là a permis au secteur privé de comprendre les rouages et le système du CSR. Aujourd’hui, cette aide sociale se fait avec amour, avec passion, avec enthousiasme. Le secteur privé se réjouit des résultats qui tombent suite à ses activités à travers le CSR. Le secteur privé dépense gros pour venir en aide à cette frange de la société mauricienne qui est trop souvent oubliée.

Selon une déclaration du ministre de l’Intégration sociale, le pays prendra 10 ans pour diminuer la misère et pour que cela devienne chose du passé. À notre humble avis, on ne pourra jamais éliminer la pauvreté tant que les richesses dans le monde ne seront pas équitablement distribuées. On peut néanmoins soulager ceux vivant dans l’indigence ou tout au moins en réduire le nombre selon l’esprit islamique.
 
L’ISLAM ET LES PAUVRES

Dans l’édition de STAR du dimanche 5 mai, nous avons élaboré comment l’Islam voit la pauvreté et ce qu’il recommande. Certes en Islam, la zakat est l’impôt que les riches sont tenus de s’acquitter. Ces derniers doivent impérativement aider leurs frères vivant dans l’extrême pauvreté. Dieu merci, chez nous à Maurice, au sein de la communauté musulmane, travaillent des ONG pour collecter la zakat et la distribuer aux pauvres sous forme de dons pour diverses activités. Il faut rendre hommage à ces ONG qui apportent une aide substantielle à l’éducation des enfants des familles pauvres. Nous sommes parfaitement au courant des activités de MECCA (exclusivement pour l’éducation des pauvres), de l’IWF, de Zam Zam, de la MYF, de MIM, de Century Welfare Association et du Darul Heekmah et autres organisations socioculturelles – voire charitables toutes islamiques qui font un travail considérable pour soulager, du moins un tout petit peu, la souffrance des familles pauvres. Il y en a beaucoup – trop même – qui mènent une vie extrêmement dure.

QUE FAISONS-NOUS ?

Il est regrettable que les membres de l’Oumma n’arrivent pas à dégager une politique cohérente pour lutter efficacement contre les problèmes occasionnés par la pauvreté. Les musulmans s’acquittent de tout temps de leur zakat. Malheureusement, à cause d’un manque d’organisation dans la distribution, la pauvreté persiste encore dans certaines poches.

Tous les membres de l’Oumma ne se rendent pas sur le terrain à la recherche de ces familles qui ont besoin d’une assistance. Fort heureusement, des organisations non gouvernementales sont là pour effectuer cette tâche. Ainsi, on doit se réjouir que les possédants versent leur zakat annuelle à ces organisations afin que celles-ci puissent continuer le noble travail qu’elles entreprennent depuis de nombreuses années. Kadress Pillay, Chairman de la NEF, rêve à l’élimination totale de la pauvreté. Si le rêve de l’ex-ministre de l’Education se réalisait, est-ce à dire qu’un beau jour la pauvreté disparaîtrait complètement à Maurice ? À notre avis, c’est une utopie.

Les principales organisations pour la collecte et distribution de la zakat : Islamic Welfare Foundation (Iwf)

• L’IWF a présenté son 43ème rapport de l’année 2011. Rs 10 millions + collectes comme zakat. Rs 3 M + comme CSR.

L’IWF dépense plus de Rs 7 M sous l’item éducatif. Comme le dit le président Shakil Sayed dans son rapport : “ At the Foundation we strongly believe that the most effective way to improve the condition of life of our less fortunate brothers and sisters is by enabling their children to achieve as high a level of education as possible.” On peut dire que plus de 200 jeunes musulmans bénéficient de cette aide financière si précieuse pour poursuivre leurs études à tous les niveaux dans divers domaines.

L’IWF s’est penchée sur un plan de Pre-Primary Schooling. L’association a aidé à la restructuration d’une institution située dans une région défavorisée afin que les petits écoliers puissent évoluer dans une atmosphère saine.

• Zam Zam fait un travail exemplaire au niveau de ses écoles pré-primaires et primaires.

• MECCA, fondée il y a plus de vingt-cinq ans par les frères Abbasakoor, Osman et Umar, avec la collaboration de Rahim Jhurry, Ameer Meea Rassool, Cader Dustagheer, l’auteur de ces lignes et autres, finance les études des étudiants de familles pauvres. MECCA a pour président l’infatigable Amine Timol.

De nombreuses autres organisations ont pour objectif d’assurer l’éducation – islamique et séculaire – de nos jeunes nécessiteux.

Par la grâce d’Allah, les familles démunies qui reçoivent une aide financière pour l’éducation de leurs enfants, s’assurent que ceux-ci s’appliquent à leurs études et donnent entière satisfaction...

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